> voir le stand de la galerie du Centre

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A l'attention des ignorants Dans le dédale de St’art
• • • Petit lexique pour les non initiés qui s'aventureront dans les allées de St'art ce week-end à Strasbourg.

• « AFFPPUP » : ou Association Fictive Française pour la Protection des Pervers d'Utilité Publique. Le guichet est situe près de l'entrée, non loin du bar-restaurant. Il faut faire la queue muni de son ticket comme au supermarché, pour accéder à l'inventeur de cette association fictive. Il se proclame lui-même « artiste-guichetier » Enfermé derriere sa vitrine, il s'est fixé comme objectif d'étudier les rapports entre l'individu et la machine administrative défectueuse. Ne vous laissez surtout pas impressionner par les ordinateurs « en grève » situés à côté du guichet.
• • • Égale à elle-même, St'art décline petites surprises et gros coups de cœur. Immersion possible encore, dans les formes et les couleurs, ces dimanche et lundi.
Le vernissage à peine achevé, jeudi soir, un galeriste strasbourgeois se frottait les mains de satisfaction : « J'ai dejà amorti mon stand, alors que la foire n'a même pas encore réellement commencé. Si les ventes tiennent le rythme, j'aurais bientôt un problème de stock!», ironisait-il. Il est vrai qu'au même moment d'autres galeries incarnaient assez bien l'image de la solitude et du désœuvrement. Jean qui rit, Jean qui pleure.
• INFRACULTUREL : La Chambre de Kafka
qui consiste à transformer un objet qui n'a aucun lien avec la culture -un guichet Assedic par exemple- et en faire un objet culturel (lire plus haut.. ).

Le guichet de l'AFFPPUP, de l'infraculturel version art discount. Pour comprendre, lisez le lexique...
Bien que la ligne générale de la foire soit marquée par le souci de ne pas trop prendre de risques en ces temps incertains, quelques-uns n'hésitent pourtant pas à affirmer leurs choix artistiques. Dans ce registre, Alain Matarasso, de la Galerie du Centre (Paris), n'a pas froid aux yeux. Son installation La Chambre de Kafka, réali sée par Jack Vanarsky, trouvera difficilement preneur à St'art. Elle y crée pourtant I'événement, Dans un intérieur vieillot d’avant-guerre, une table, une chaise, un livre, un gros cahier, un chapeau à la Magrlite, jusqu’a une oreille émergeant d'un mur lépreux: I'uriivers est au surrealisme tridimensionnel et vibratoire, tous ces objets en bois, coupés en lamelles ondulant legèrement. Une vision angoissante recherchée par l'artiste : « Ce qui m’interesse, c’est piéger le regard du visiteur, jouer sur des objets du quotidien mais qui s'appréhendent d’une facon totalement inattendue», dit-il.
A côté, sur le méme stand, Eric Liot décline le casque gaulois, tel que gravé dans nos mémoires à travers une célèbre marque de cigarettes : un travail de peinture inscrit dans de grands formats où se croisent l'esprit post-pop et les effets de ma-tière. Invendable a St'art ? Dès le vernissage, un tableau était retenu. « Je suis devenu un supporter de Strasbourg », s'exclame, ravi, Alain Matarasso.
B.L.
Serge Hartmann
in DNA 7 février 2004
in DNA 8 février 2004