Notre coup de coeur
January 10th, 2007
Jann HAWORTH
“Donuts Art History”

Jann HAWORTH
“Donuts Art History”
Quelle est la ligne de la galerie, ses collectionneurs ?
Elle est de défendre de manière continue 26 artistes vivants, le plus ancien étant là depuis 30 ans et le dernier entré en 2007, de tous pays mais avec une majorité d’artistes établis en France ; je n’ai pas une ligne directrice mais une cohérence de choix situés dans le vaste domaine de la figuration contemporaine ; je m’intéresse autant aux précurseurs comme les pop anglais (voir l’encart) qu’à la Nouvelle Figuration française car ils sont tous de ma génération ; et aussi à des plus jeunes qui valent la peine d’être épaulés.
Nota : la galerie a édité pour ses 34 ans en 2007 un opuscule montrant ses artistes, la manière dont ils ont été rencontrés et expliquant leur travail : à demander sur placeVous exercez ce métier avec toujours autant de foi ? plus que jamais : je fonctionne par coups de cœur (je dois être un artiste raté !) mais réfléchis, car il faut faire fonctionner la galerie ; elle est le reflet de moi-même, une sorte de psychanalyse, car ces 26 artistes sont autant d’aspects de ma personnalité : c’est important pour promouvoir un artiste de bien le connaître et aimer son oeuvre ; et puis ma fille Sabine y participe aussi. Vous êtes aussi économiste : le marché haut de gamme a subi une baisse récente, va-t-on plonger comme en 90 ?
La situation actuelle est très différente, il faut distinguer deux catégories : les artistes qui sontmontés en flêche et peuvent tout aussi vite redescendre, et ceux qui tout étant excellents n’ont pas vus leur côte croître exagérément. Ceux là ne connaîtront pas quoiqu’il arrive leur côte s’abaisser s’il devait y avoir une forte récession. - Pour les premiers, rappelons que spéculer se fait toujours au détriment de quelqu’un et l’expérience montre que “tout ce qui se construit vite ne dure pas”.
Par exemple certains chinois sont de fausses valeurs, spéculatives, ce qui peut se comprendre car la mondialisation a créer de nouveaux milliardaires dans les pays émergeants ; venant souvent de milieux sociaux modestes, l’art leur sert de faire-valoir et plus c’est cher, mieux c’est. Une anecdote, paraît-il circulait à Bâle : un gros collectionneur s’est désintéressé de Jim Dine (coté entre 50 et 100000€ tout de même) car il ne trouvait pas cela assez cher…
- Pour les autres, disons aussi que le rôle d’un bon marchand est de soutenir la valeur de ce qu’il vend à ses collectionneurs, au sens que les oeuvres doivent garder une valeur de renégociation ; cela suppose de bons choix et une action continue auprès des artistes ; cela implique de se tenir à l’écart des modes qui génèrent des spéculations ; cela demande de la patience, par exemple la Nouvelle Figuration aura mis 30 ans pour acquerrir ses lettre de noblesse ; car les mouvements importants finissent toujours par être consacrés il suffit d’attendre. C’est aussi vrai de bons artistes émergeants.
Et le marché en France ? Il est mineur par rapport aux anglo-saxons car la France trop socialisée a fait fuir les grands collectionneurs ; la charge et le risque fiscal est exagéré et tant que ça durera la France sera écartée du haut marché ; elle n’a pas non plus de capacité importante de lobbying, car celle-ci est liée à la haute finance.
Pourquoi les artistes français sont peu achetés par les américains ?
Pour eux nous sommes des latins qui exprimons plusieurs idées en même temps, comme au Café du Commerce, alors qu’eux n’ont qu’une idée à la fois ; par exemple la Figuration Narrative est politique et latinisante : un tableau riche de multiples idées leur est peu lisible; parfois notre art est trop complexe, par exemple César a créé des pièces brutes très fortes, alors que Chamberlain a moins de force expressive mais est plus élégant, plus coloré ; en fait notre culture les étouffe.
Que pensez-vous du marché de la photo, assez délirant compte tenu du fait que ce sont des multiples à assez grands tirages ?
L’idée des multiples choque moins aujourd’hui; tout le monde veut sa “Marylin” de Warhol. C’est reconnaissable et cela asseoit socialementLes pop anglais :
La galerie défend aujourd’hui 3 artistes pop anglais historiques, peu connus en France ; ils ont un très grand potentiel sur le marché (NOTA : qui est précisément orienté vers la redécouverte des années 60) ; ce sont Derek Boshier, Antony Donaldson et Jann Haworth.
Exposition d’été 2008 pour Bernard Pras : au Domaine Galuval à Cairanne (Vaucluse).
Les oeuvres de Bernard Pras, après avoir pris part à l’exposition Arcimboldo à Paris et Vienne, seront exposées au Domaine Galuval.
Bernard Pras, l’Arcimboldo des temps modernes, a remplacé la peinture par les objets, il crée ainsi des installations en relief.
Visibles depuis un point précis, apparaissent les personnages ou scènes qu’il crée, immortalisés ensuite par la photographie.
Les objets utilisés portent une signification, en rapport avec le sujet représenté, lui donnant un sens caché ou une vision ironique.
Une installation de Bernard Pras est un assemblage d’objets hétéroclites, une disposition apparemment chaotique dans l’espace.
En tournant autour, on finit par trouver la zone d’observation , on ajuste pour approcher le point.
Et les objets s’unissent en une figure parfaite semblable à une apparition.
Laurence Ballesteros a créé Art Galuval, lieu dédié à l’art contemporain, au sein du Domaine Galuval à Cairanne.
Elle y accueille des artistes en période estivale en 2007, Ivan Messac, Chamizo, Pierre Antoniucci.
Outre ces expositions d’art contemporain, des rencontres culturelles, des concerts et des conférences ont lieu toute l’année. 05 juillet- 31 août 2008 10h-12h30, 14h30-18h
Art Galuval
Domaine Galuval
Route de Rasteau
84290 Cairanne
Exposition de Peter Saul à l’Orange County Museum of Art (Newport Beach) du 22 juin au 1er septembre 2008. Plus d’informations sur : www.ocma.net
Cette exposition a été possible grâce au concours de la “Andy Warhol Foundation for the Visual Arts”.
